samedi 12 février 2011



Démocratie
Démocratie représentative
Citoyenneté
Civisme
La constitution
Les différents pouvoirs
Le pouvoir législatif
La Chambre des députés
La Chambre des conseillers
Pouvoir exécutif
Pouvoir judiciaire
Régime politique
Le régime présidentiel
Le régime parlementaire
Parti politique
Courants politiques
Libéralisme
Le communisme
Le socialisme
Syndicat

Démocratie

Etymologie : du grec dêmos, peuple, et kratos, pouvoir, autorité.
La démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), sans qu'il y ait de distinctions dues à la naissance, la richesse, la compétence, la religion, etc. (principe d'égalité).
En règle générale, les démocraties sont indirectes ou représentatives, le pouvoir s'exerçant par l'intermédiaire de représentants désignés lors d'élections au suffrage universel.
Les autres principes et fondements de la démocratie :
-   la liberté des individus ;
-   la règle de la majorité ;
-   l'existence d'une constitution et d'une juridiction associée (le Conseil constitutionnel) ;
-   la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) ;
-    la consultation régulière du peuple (élection et référendum) ;
-   la pluralité des partis politiques ;
-   l'indépendance de la justice.
La démocratie s'oppose aux autres régimes politiques que sont :
-    la monarchie absolue (pouvoir aux mains d'un seul homme) ;
-  l’aristocratie (pouvoir aux mains des meilleurs) ;
-   l'oligarchie (pouvoir aux mains d'un petit nombre de personnes ou de familles) ;
-  la théocratie (pouvoir aux mains d'une caste sacerdotale) ;
-    l'empire, la dictature et autres régimes totalitaires.
La dictature, c'est « ferme ta gueule » et la démocratie c'est « cause toujours ».  Woody Allen

Démocratie représentative

La démocratie représentative, appelée aussi « démocratie délégative » est l'une des formes de la démocratie dans laquelle les citoyens expriment leur volonté par l'intermédiaire de représentants élus à qui ils délèguent leurs pouvoirs. Ces élus, qui représentent la volonté générale, votent la loi et contrôlent éventuellement le gouvernement.
Une des conditions pour que le régime soit démocratique est que, grâce à des élections ayant lieu à des échéances régulières, le mandat des représentants soit limité dans le temps (pas de charges à vie ou héritées). Aucun gouvernement n'est jamais installé définitivement. L'opposition est considérée comme une force légitime et toutes les tendances sont admises à s'exprimer. En outre, l'espoir d'accéder au gouvernement est ouvert à tous.
La démocratie représentative s'oppose à la démocratie directe, beaucoup moins répandue, dans laquelle c'est peuple qui prend lui-même les décisions.
La plupart des démocraties actuelles ont adopté le système de la représentation dès leur instauration.

Citoyenneté

La citoyenneté est l'état ou la qualité de citoyen. Elle permet à un individu d'être reconnu comme membre d'une société, et de participer à la vie politique.
La citoyenneté est le statut juridique qui permet à un individu de devenir citoyen. La citoyenneté donne accès à l'ensemble des droits politiques, tout en créant des devoirs, permettant de participer à la vie civique d'une société ou d'une communauté politique, par opposition au fait d'être simple résident. En général la citoyenneté est liée au droit de vote.
Dans une société démocratique, la citoyenneté est également l'une des composantes du lien social, notamment par l'égalité des droits qui lui est associée.
La notion de citoyenneté trouve son origine dans le cadre de la cité ou "polis" de la Grèce antique, fondée sur l'égalité de ceux qui ont le statut de citoyens. Contrairement aux métèques ou aux esclaves, les citoyens participaient aux débats dans l'agora et aux décisions (lois, guerres, justice, administration) et pouvaient posséder la terre.

Civisme

Le civisme désigne le respect, l'attachement et le dévouement du citoyen pour son pays ou pour la collectivité dans laquelle il vit.
Cela s'applique en particulier à l'institution qui représente cette collectivité, à ses conventions et à ses lois.
Plus généralement, le civisme est le dévouement pour l'intérêt public, pour la "chose publique".
Le civisme nécessite une "conscience politique" et implique la connaissance de ses droits en tant que citoyen ainsi que de ses devoirs vis-à-vis de la collectivité.
Le civisme, qui est l'état du citoyen respectueux de ses devoirs et des principes collectifs, se distingue :
-    de la citoyenneté qui n'est que la condition de citoyen,
-    de la civilité qui relève du respect des autres dans les rapports privés.

La constitution

Une constitution est la loi fondamentale d'un Etat qui définit les droits et les libertés des citoyens ainsi que l'organisation et les séparations du pouvoir politique (législatif, exécutif, judiciaire). Elle précise l'articulation et le fonctionnement des différentes institutions qui composent l'Etat (Conseil constitutionnel, Parlement, gouvernement, administration, etc.).
La constitution se situe au sommet du système juridique de l'Etat dont elle est le principe suprême. Toutes les lois, décrets, arrêtés et traités internationaux doivent être conformes aux règles qu'elle définit. Elle peut prendre la forme d'un texte unique ou d'un ensemble de lois.
Une constitution est en général élaborée par une assemblée nationale (pouvoir constituant originaire) réunie spécialement pour cet objectif. Elle est révisée par le pouvoir constituant dérivé ou institué (prévu par la Constitution).

Les différents pouvoirs 

Le pouvoir législatif

Dans la théorie de la séparation des pouvoirs de Montesquieu (1689-1755) et dans les régimes démocratiques modernes, le pouvoir législatif est, avec le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire, l'un des trois pouvoirs constituant un État.
Le pouvoir législatif est, en général, dévolu à une ou deux assemblées élues au suffrage direct ou indirect. Le peuple, dans son ensemble, peut ponctuellement détenir une part du pouvoir législatif lorsque sont organisés des référendums.
En Tunisie le pouvoir législatif est détenu par le Parlement, constitué par la Chambre des députés et la Chambre des conseillers. Il dispose du pouvoir de discuter et de voter les lois. Il a aussi pour mission de voter le budget de l'Etat et de contrôler le pouvoir exécutif. Il peut censurer le gouvernement (motion de censure), mais ne peut renverser le Président de la République qui, lui, a le pouvoir de dissoudre l'Assemblée.

La Chambre des députés

La Chambre des députés (مجلس النواب) est la chambre basse du Parlement tunisien
Les 214 députés sont élus tous les cinq ans au suffrage universel direct. 161 sièges sont désignés au système majoritaire. Dans chacune des 26 circonscriptions, les électeurs choisissent une liste de candidats, sans pouvoir la modifier, et tous les sièges de la circonscription vont à la liste gagnante.

La Chambre des conseillers

La Chambre des conseillers (مجلس المستشارين) est la chambre haute du Parlement tunisien.
Introduite par la réforme constitutionnelle du 1er juin 2002, elle comporte 126 membres, un nombre révisable tous les six ans mais limité aux deux-tiers du nombre des membres de la Chambre des députés. Le mandat des conseillers est de six ans et leur composition est renouvelée par moitié tous les trois ans. Ils sont élus par les membres de la Chambre des députés et par les conseillers municipaux. La chambre, élue pour la première fois le 3 juillet 2005, est répartie en trois tiers :
-       43 membres sont élus à l'échelle régionale parmi les élus locaux (un ou deux par gouvernorat selon son nombre d'habitants).
-        42 membres sont élus à l'échelle nationale parmi les membres des organisations professionnelles regroupant les employeurs (Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat), les agriculteurs (Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche) et les salariés (Union générale tunisienne du travail). Ces listes doivent comprendre deux fois plus de candidats que de sièges à pourvoir (28 candidats pour 14 sièges respectifs).
-       41 membres sont nommés parmi les «personnalités et les compétences nationales».

Pouvoir exécutif

Le pouvoir exécutif est détenu par le Président de la République, le Premier ministre et son gouvernement.
Principales missions du pouvoir exécutif :
  • faire respecter la loi et l'ordre public,
  • édicter des règlements, décrets ou arrêtés, 
  • concevoir et diriger la politique de la nation
  • conduire la politique étrangère de l'État, 
  • diriger l'armée, 
  • diriger les services publics
Le pouvoir exécutif dispose de pouvoirs spécifiques, parfois qualifiés de discrétionnaires, avec des décisions prises directement sans le consentement du parlement, notamment dans le cas de crise ou d'urgence nécessitant une action rapide. En outre, contrairement au pouvoir législatif, les délibérations du pouvoir exécutif ne sont accessibles ni au public ni aux médias.

Pouvoir judiciaire

Le pouvoir judiciaire a pour mission de contrôler l'application de la loi, de l'interpréter en examinant la concordance entre une situation concrète et la loi en elle-même, de sanctionner son non respect. Il arbitre les litiges qui lui sont soumis relativement à l'application de la loi.
Il est constitué d'une organisation judiciaire (tribunaux) et des magistrats (juges) qui s'appuient sur les textes de lois édictés par le pouvoir législatif pour rendre ses décisions.
Le pouvoir judiciaire est aussi la faculté de pouvoir trancher des litiges.
La séparation du pouvoir judiciaire est l'un des fondements d'un État de droit. Bien que nommés par le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif, les juges n'ont pas de compte à rendre aux élus ou aux citoyens et il est très difficile de les destituer. Leur indépendance leur permet de juger de manière impartiale les actes commis par l'Etat ou un gouvernant.
L'indépendance de leur pouvoir vient aussi du fait que les juges rendent leur décision, sur la base des textes de loi dont ils ne sont pas à l'origine, exception faite de la jurisprudence.

« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux »

Régime politique

Un régime politique est un mode d'organisation d'un Etat. C'est aussi la manière de gouverner et d'administrer un Etat.

Le régime présidentiel

Un régime présidentiel est un régime politique représentatif fondé, de par sa constitution, sur une stricte séparation des pouvoirs, exécutif, législatif, et judiciaire.
Le pouvoir exécutif est entre les mains du chef de l'État (le président), généralement élu au suffrage universel.
Dans un régime présidentiel, l'exécutif n'est pas responsable devant le corps législatif, contrairement au régime parlementaire. De ce principe il découle que le gouvernement ne peut être renversé par le parlement. Inversement le pouvoir exécutif ne peut dissoudre le parlement. Le pouvoir judiciaire dispose d'une place particulièrement importante, dans la mesure où il peut être conduit à arbitrer les différends entre les deux autres pouvoirs.
L'expression "régime présidentiel" est une source d'ambigüités, car elle laisse entendre que le chef de l’exécutif aurait une prééminence sur les autres pouvoirs dans l’organisation politique et administrative de l’État, ce qui n’est pas le cas.
Le seul véritable et authentique régime présidentiel est celui des Etats-Unis d'Amérique, qui a inspiré de nombreuses constitutions du continent américain.
Le régime présidentiel peut être sujet à des blocages en cas de désaccord entre le législatif et l'exécutif. La durée de ce régime aux Etats-Unis peut s'expliquer par un large consensus de la population sur la Constitution, des élections fréquentes et la tradition de compromis entre les partis politiques. Ces conditions n'étant pas remplies dans les autres régimes présidentiels mis en place en Amérique, les conflits ont pu déboucher sur des coups d'Etat ou la pratique de mesures législatives prises par le président sous forme de décrets.
Du fait des conflits entre les deux pouvoirs, les régimes présidentiels en Europe ont eu de courtes durées de vie. Le régime parlementaire y a été préféré.

Le régime parlementaire

Un régime parlementaire est un régime politique fondé sur une séparation souple des pouvoirs, contrairement au régime présidentiel où la séparation est stricte. Dans le régime parlementaire, le Gouvernement qui incarne le pouvoir exécutif, peut être renversé par le Parlement devant lequel il est politiquement responsable. Les membres du Gouvernement ne sont pas élus, mais sont issus de la majorité parlementaire à laquelle ils doivent leur pouvoir.
Le pouvoir de renversement peut être réciproque lorsque l'exécutif (le chef de l'Etat) dispose de la faculté de révoquer le Parlement (pouvoir de dissolution), ce qui incite les deux pouvoirs à collaborer.
Si le Gouvernement n'est responsable que devant le Parlement alors le régime parlementaire est qualifié de "moniste". Exemples : Angleterre, Japon, Inde, Canada…
Si le Gouvernement est responsable à la fois devant le Parlement et devant le Chef de l'Etat, le régime parlementaire est dit "dualiste".
Le chef de l'Etat, s'il est élu au suffrage universel, joue un rôle politique important. Exemples : France, Russie.

Parti politique

Un parti politique est un groupe de personnes qui partagent les mêmes intérêts, les mêmes opinions, les mêmes idées, et qui s'associent dans une organisation ayant pour objectif de se faire élire, d'exercer le pouvoir et de mettre en œuvre un projet politique ou un programme commun. L'objectif de gouverner distingue les partis politiques d'autres organisations comme les groupes de pression, les corporations ou les syndicats.
Les partis politiques possèdent une organisation juridique fondée sur des statuts qui indiquent ses orientations idéologiques, ses objectifs, les grands principes de son fonctionnement, l'organisation de sa direction et les règles de la désignation et de remplacement de ses dirigeants.
Dans le cas d'élection à la proportionnelle, les partis politiques jouent un rôle important dans la constitution de coalitions. Celles-ci ont pour effet de créer des groupes très larges recouvrant des problématiques pouvant être très variées qui sont rendues artificiellement interdépendantes.
Les sympathisants d'un parti sont ses électeurs traditionnels. Les adhérents et les militants s'investissent directement dans la vie du parti. Ils se réunissent périodiquement et payent une cotisation.

Courants politiques

Libéralisme

Le libéralisme est, une attitude qui défend la démocratie politique et les libertés individuelles.
En matière économique, le libéralisme est une doctrine qui défend la libre entreprise et la liberté du marché. Le principe fondamental du libéralisme est qu'il existe un ordre naturel qui tend à conduire le système économique vers l'équilibre.
La loi de l'offre et de la demande, par exemple, conduit à l'équilibre entre la production et la consommation sous réserve de liberté des marchés et de libre concurrence, seules censées garantir l'ajustement optimum des ressources disponibles (offre) à la demande. S'il peut agir librement, l'homme en tant que premier agent économique peut atteindre cet ordre naturel. Les intérêts de l'individu et de la société sont alors convergents.
Le libéralisme économique s'oppose au contrôle par l'Etat des moyens de production et à l'intervention de celui-ci dans l'économie, si ce n'est pour coordonner les entreprises ou garantir un marché équitable (opposé : étatisme, dirigisme, socialisme, communisme).
Critiques faites au libéralisme
Le projet global du libéralisme, mis en œuvre à partir des années 80, consiste à transformer la société pour qu'elle réponde pleinement aux exigences du capitalisme :
§  libre circulation des capitaux,
§  mise en concurrence des travailleurs et nivellement par le bas des salaires et droits sociaux,
§  suppression de services publics,
§  suprématie absolue de l'économie.
Le libéralisme est devenu le fondement des grandes instances mondiales, comme l'OMC ou le FMI qui par leur supranationalité échappe à toute légitimité démocratique. Il est le seul modèle enseigné dans les grandes écoles où aucune autre vision n'est étudiée. Il est la seule logique des grandes entreprises et du capitalisme et tend à devenir la seule référence des gouvernements, de droite comme de gauche.
Présenté comme loi naturelle, le libéralisme devient alors intouchable, ce qui lui permet d'échapper aux aléas électoraux du jeu démocratique.

Le communisme

Le communisme est un mode d'organisation sociale basée sur l'abolition de la propriété privée des moyens de production et d'échange au profit de la propriété collective.
La transition entre le système capitaliste et la société communiste, sans classe et sans Etat, nécessite une phase transitoire de dictature du prolétariat.
Le communisme s'inspire largement du système politique, économique et social, exposé par Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels (1820-1893) dans le Manifeste du Parti communiste (1848). Cette alternative au capitalisme y est décrite comme "une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous".
Lénine, qui est le véritable fondateur du communisme moderne, a mis en avant l'aspect révolutionnaire contenu dans le marxisme et la dictature du prolétariat.
Cependant, le communisme s'est rapidement transformé en dictature du parti communiste et s'est accompagné de la disparition des libertés individuelles. De ce fait, le communisme est devenu une idéologie très controversée. La question est, en particulier, de savoir si les "pages noires du communisme" sont la conséquence de ses principes fondamentaux (le communisme intrinsèquement totalitaire et négateur de l'individu) ou si elles résultent de régimes politiques qui n'avaient de communistes que le nom. N'ayant jamais été réellement mise en place, la société communiste telle que Marx l'avait imaginée reste alors un concept théorique.

Le socialisme

Le socialisme est une doctrine politique et économique qui vise, à l'inverse du modèle libéral, à réformer le système de propriété privée, des moyens de production et d'échange et à l'appropriation de ceux-ci par la collectivité.
Les valeurs fondamentales du socialisme sont : l'absence de classes (au moins à ses origines), l'égalité des chances, la justice sociale, la répartition équitable des ressources, la solidarité, la lutte contre l'individualisme, l'intérêt général partagé et prévalant sur les intérêts particuliers...
Le socialisme est la dénomination générale des doctrines des partis de gauche qui cherchent à rénover l'organisation de la société en vue de la justice sociale et de l'émancipation individuelle de chacun dans le respect de la dignité.
Le socialisme moderne préconise des réformes sociales pour améliorer la situation des salariés et de ne transférer à la collectivité (nationalisation) que les moyens de production les plus importants. On le retrouve dans les partis "socialistes", "travaillistes", "socio-démocrates".

Syndicat

Un syndicat est une association de personnes qui a pour but de défendre les intérêts professionnels et économiques de ses membres (employés, ouvriers, cadres, patrons, professions libérales). Le syndicat cherche à faire aboutir des revendications en matière de salaires, de conditions de travail, de prestations sociales ...